Que voulons nous comme modèle culturel ?
– UNE VILLE CREATIVE ? > course à l’attractivité, grands évènements, grans projets d’architecture, attirer les touristes, les entreprises, mais aussi les artistes créatifs….
– UNE VILLE PARTICIPATIVE ? > en appui sur les acteurs locaux, les structures de proximités, les associations, les quartiers, co-construire la politique culturelle…
– UNE VILLE MULTICULTURELLE ? > faire exister et se rencontrer les cultures méditerranéennes, occitanes, européennes, africaines, orientales…
– Ou un peu de tout ça ?

La question culturelle – Problématique

– pas de transition sociale, écologique, démocratique, sans une transition culturelle.
– comment inviter les populations à la définition d’une politique culturelle ?
– faut-il favoriser la création d’œuvres nouvelles (ou la reprise d’œuvres anciennes), et comment ?
– comment concilier la singularité de la démarche artistique et la démocratisation de la politique culturelle ?
– où et comment faire circuler les œuvres, les faire partager ?
– comment favoriser les échanges et la diversité culturelle ?
– faut-il développer la formation professionnelle des artistes, où et comment ?
– faut-il développer les pratiques artistiques amateur, où et comment ?
– Que faut-il faire en matière de patrimoine : élargir la notion (patrimoine environnemental, industriel, culinaire etc…), associer les populations à la définition du patrimoine ?

Des idées pour un décloisonnement

Sortir l’artiste de sa tour d’ivoire sans pour autant le soumettre à des injonctions contradictoires (l’artiste doit trouver sa place comme artiste et comme citoyen, mais sans qu’on en fasse un travailleur social ou un animateur).

– Mettre de la culture partout. Faire entrer l’art (arts de la scène notamment) dans toutes les manifestations publiques, du salon des antiquaires à la fête de la courge en passant par les lotos. Et que les scènes de proximités (voir plus loin) soient des outils de créations d’évènements artistiques.

– Reprendre l’idée d’un label HQAC (haute qualité artistique et culturelle) pour des projets d’aménagements, d’urbanisme, de zones commerciales, industrielles, d’implantation de services publics, de transports publics etc… (On veut des retombées économiques pour les investissements culturels, mais posons-nous la question des conséquences culturelles de nos décisions économiques).

– Accueillir des artistes (arts plastiques, littérature, cinéma, musique, spectacle vivant…) en résidence de création ou d’écriture dans des établissements scolaires. Il s’agit d’une présence des artistes à l’école en tant qu’artistes et non en tant que professeurs d’art ou d’animateurs culturels.

– Depuis la décentralisation type Malraux (grands équipements populaires en province), aucune idée nouvelle pour irriguer le territoire. La création des CDN, CCN, Scènes Nationales et Conventionnées n’ont fait que prolonger la décentralisation, et une partie de la mission initiale (tournées de Jean Dasté dans les villages et les banlieues etc…) a été abandonnée jusque récemment. Créer un réseau de scènes de proximité répond au besoin grandissant d’initiatives locales. Ces scènes, adaptées aux activités artistiques, sont à coupler, chaque fois que c’est possible avec d’autres activités partagées (jardins, ateliers de réparation etc…).

– Demander aux grandes scènes publiques des périodes de scènes ouvertes, sans critères esthétiques (principe de diversité culturelle). Donner à toutes les structures de création (troupes de théâtre, de danse, de musique, cinéastes, plasticiens), comme outil de développement économique et artistique, un libre accès à des « scènes ouvertes », soit dans des temps dédiés sur les grandes scènes régionales, soit dans des nouveaux lieux d’expression libre.

– Associer les populations aux choix culturels. Créer des conseils citoyens de la culture sur tout le territoire (ou bien peut-être inventer des formes adéquates nouvelles de débat avec les citoyens) ? Faire entrer des citoyens, des usagers, dans les instances de programmation artistique.

– Faire entrer des citoyens dans les différents comités d’experts

– Engager une politique volontariste pour favoriser l’éclosion d’œuvres nouvelles, non pas par des aides au coup par coup, mais par des conventions pluriannuelles avec les structures de créations. Redéfinir entièrement, avec les structures de production, les critères de l’attribution d’aides publiques. Lier notamment le montant des aides au volume d’emploi d’artistes.

Scènes de proximité, essai de définition

– lieu participatif d’artistes et de citoyens, de jauge petite ou moyenne.

– Lieu de diversité culturelle

– lieu aménagé pour les arts de la scène, le cinéma, la vidéo, équipé d’un studio son et d’un lieu de convivialité, café ou autre. (Il est question de salles de spectacles, et non de salles des fêtes supplémentaires, avec néons sur plafond blanc et sol granito). Lieu associé autant que possible à une autre activité de type coopératif (jardins partagés, ateliers partagés,…).

– Une équipe artistique professionnelle attachée au lieu avec convention d’objectifs pluriannuelle.

– Une petite équipe permanente (médiateur, secrétariat, régisseur…)

– Une place pour le quartier, question cruciale : comment favoriser des initiatives de la population et respecter la singularité des choix artistiques.

– Selon les endroits, le lieu peut être adossé, mais non confondu, à une structure existante (centre social, mjc)

– La culture de l’ «excellence», du prestige, dont les justifications sont l’attractivité du territoire et les retombées économiques ne doit pas faire oublier la mission émancipatrice qui est sans doute le but premier d’une politique culturelle. Cette mission, négligée, doit s’appuyer sur les grands évènements, les grands équipement, mais aussi sur les structures de quartiers, sur les artistes et les acteurs culturels locaux. Ces derniers sont délaissés. On leur donne à peine de quoi survivre.

– La décentralisation est en panne, on l’a dit : il y a eu les maisons de la culture de Malraux, les scènes nationnales et les scènes conventionnées initiées par Jack Lang, et puis… plus rien ! Il faut aller plus loin, plus profondément : dans les villages, dans les quartiers. Des petits équipements avec des équipes artistiques attachées. Pas des salles des fêtes, des petits équipements culturels, équipés pour les arts vivants et les arts visuels – arts plastiques, cinéma, vidéo, et qui puissent aussi être des lieux de débat, des lieux où s’expérimente la démocratie.

– Il y a des dizaines de compagnies professionnelles sans lieux à Aix : théâtre, danse, musique. Beaucoup de talents dont on ne fait rien. Donnons leur des lieux. Ensemençons le territoire avec des graines de culture. La révolution écologique c’est aussi d’avoir des artistes proches dans des équipements à la fois modestes et performants.

– Compagnies du spectacle vivant : aides à la création ou au fonctionnement ? Les compagnies ont besoin de subventions structurantes et non au projet. Laissons les aides au projet aux autres, la Ville doit amplifier la politique de conventionnement (conventions d’objectifs triennales) qu’on a réussi à mettre en place avec l’administration Joissains. Mais trop de compagnies sont encore à des niveaux très faibles (quelques milliers d’euros quand on sait qu’un emploi temps plein coûte au minimum 25 000 €) qui leur interdisent de se projeter dans l’avenir.
Le «Groupe du 27» regroupement de compagnies et de lieux, réclame en vain depuis des années une « maison du théâtre et de la danse » : lieu de répétition, de bureaux et de stockage pour les troupes aixoises.

– Sur la culture régionale : Sortir la langue régionale de son ghetto folklorique où l’ont laissé les municipalités successives. A Nice, il y a un courant nissart très engagé à gauche (carnaval alternatif etc.). Pensons à des groupes comme Massilia Sound System, ou, à Toulouse, les Fabulous Troubadour, qui ont fait pénétrer la culture occitane dans des quartiers où la culture officielle n’entrait pas. Aix, capitale de la Provence, ne devrait pas se contenter de la fête des santons, des farandoulaïre et de la bénédiction des calissons ! Il y a quelque chose à chercher : le Bois de l’Aune fait un travail remarquable, mais il y a sans doute autre chose à faire dans les quartiers.

Politique culturelle

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